Actualités Soirées Concerts Festivals

Où danser la Salsa Bachata et Kizomba à Grenoble

Où danser la Salsa Bachata et Kizomba à Grenoble

Toutes les soirées régulières Salsa sur Grenoble. Liste non exhaustive....

Votre style salsa par Eddy Torres

Votre style salsa par Eddy Torres

Définissez votre style salsa avec Eddy Torres.

Stages de Percussions Grenoble 2017

Stages de Percussions Grenoble 2017

Cycle de 4 stages de percusssions à Grenoble Pour les amateurs de musiques cubaines nous...

Ocho Y Media en concert à l'espace Paul Jargot Crolles

Ocho Y Media en concert à l'espace Paul Jargot Crolles

Samedi 7 Octobre 2017, soirée aux Rythme de la Colombie, Espace Paul Jargot 34 Rue...

Havana de Primera en concert à Lyon 2017

Havana de Primera en concert à Lyon 2017

Jeudi 19 Octobre 2017, Espace 140, 291 Rue d'Athènes, 69140 Rillieux-la-Pape. Billetterie...

Festival Cubayonne 2018 Bayonne

Festival Cubayonne 2018 Bayonne

Le 10 et 11 Février 2018, maison des associations 11 allée de Glain Bayonne...

  • Où danser la Salsa Bachata et Kizomba à Grenoble

    Où danser la Salsa Bachata et Kizomba à Grenoble

    mardi 5 juillet 2016 21:11
  • Votre style salsa par Eddy Torres

    Votre style salsa par Eddy Torres

    mercredi 6 juillet 2016 09:36
  • Stages de Percussions Grenoble 2017

    Stages de Percussions Grenoble 2017

    jeudi 14 septembre 2017 12:22
  • Ocho Y Media en concert à l'espace Paul Jargot Crolles

    Ocho Y Media en concert à l'espace Paul Jargot Crolles

    samedi 7 octobre 2017 15:53
  • Havana de Primera en concert à Lyon 2017

    Havana de Primera en concert à Lyon 2017

    jeudi 19 octobre 2017 08:19
  • Festival Cubayonne 2018 Bayonne

    Festival Cubayonne 2018 Bayonne

    samedi 10 février 2018 16:05

La Radio Elegguà

Ecoutez les playlist deezer de l'association Elegguà, préparez-vous pour les soirées cubaines de Eleggua en 2015 et 2016 !

radio-eleggua

 Accédez à la radio !

Toutes ces musiques sélectionnées par Bernard Praz de l'association Eleggua.

Ces groupes ne sont pas forcément des tubes commerciaux.

Nous vous sensibilisons aux groupes et rythmes cubains, à écouter sans modérations!

La Chaine Elegguà

Reportages vidéos sur la culture cubaine, la musique et la danse.

canal-eleggua

Accédez à la chaine !

Les vidéos fournies par l'association Eleggua grâce à la participation de Bernard Praz et Dagoberto Hen.

Les démonstrations de danse sont souvent des danseurs professionnels, Salsa Eleggua invite régulièrement ceux-ci pour des stages.

carlo puebla

Le Son cubain et les trios musicaux.

"De Cuba traigo un cantar", chante Carlos Puebla, celui-là même qui a  aussi chanté la gloire du Comandante Ché Guevara.

On peut se poser la question de savoir pourquoi un si petit pays (1/3 de la surface de la France et quelque 5 millions d'habitants dans les années 1950 période que l'on considère comme l'âge d'or de la musique cubaine) a tant donné aux musiques du monde au point que Sinatra, Presley ou Les Beatles ont chanté des airs cubains. Pourquoi dès les années 30 ils ont fait danser la planète au rythme de la rumba, le boléro, le mambo, le cha cha cha... Pour beaucoup cela reste un mystère et certains osent dire que les 3 plus grandes inventions de l'être humain sont l'écriture, la roue et la musique cubaine.

Sans être aussi enthousiaste et excessif on peut essayer de comprendre et pour cela une première démarche, comme dans la quête d'un grand fleuve, serait de remonter aux sources. 

Carlos Puebla s'inscrit dans la tradition des troubadours qui au Moyen Age en Europe allaient de cour en cour ou de village en village pour conter les exploits des chevaliers, les amours contrariés ou les thèmes religieux.

Cette tradition est attestée à Cuba dès la fin du XVIII siècle, mais c'est au début du XXe en s'agglomérant en duo et surtout en trio, que la Trova Cubana va s'affirmer à partir des zones agraires de Santiago de Cuba.

Deux voix, deux guitares dont le tres, guitare cubaine avec un registre plus aigu que l'espagnole, et un instrument pour donner du rythme qui est souvent une paire de maracas facilement transportable.

Parmi les trios que nous connaissons, celui de Los Compadres  au départ est un duo dont Compay Segundo qui, comme son alias l'indique est la deuxième voix. On peut ajouter un bongo ou une mâchoire d'âne et on raconte des chroniques paysannes souvent coquines et pleines d'humour comme "El cuarto de Tula" ou "La juma de ayer".

Mais le groupe qui a le plus enrichi et diffusé le son cubain est le trio Matamoros avec des chansons comme "Son de la loma", "El paralitico" et bien d'autres.

Avec l'apparition de la radio et du vinyle, ces groupes deviennent nationaux. On ajoute d'autres instruments pour former des sextets ou des septets; puis, inspirés des big band américains, dans les années 40 se forment les grands orchestres comme ceux de Benny Moré ou de Pérez Prado qui rendront célèbres le mambo et le cha cha cha.

Mais comme chante C Puebla , qui dans les années 60 sera le chantre de la Révolution, "llego el comandante y mando a parar...," (le commandant est arrivé et il a dit "on arrête les frais"). En effet, F Castro a fait tirer rideau progressivement à tous les cabarets et les casinos, dont certains appartenaient à la mafia américaine, où justement se produisaient les orchestres cubains au milieu de la drogue et la prostitution.

Il fallait donc inventer une autre musique avec d'autres accents, qui prône d'autres valeurs, à la fois engagée et éthérée, plus proche de la poésie médiévale que de la gouaille du son et du mambo. C'était la Nueva Trova Cubana dont les principaux auteurs-compositeurs-interprètes sont Silvio Rodriguez et Pablo Milanés.

Mais cela est une autre histoire.

                                                                   Grenoble 01/01/2015

                                                                    Juanito Martinez

charanga1

QUE VIVA LA CHARANGA FRANCESA !

A la fin du XVIII siècle, les idées des Lumières se sont largement répandues sur tout le continent américain. Un vent de liberté souffle dans le cœur des noirs affranchis et les nègres marrons (de l'espagnol "cimarrôn", ce mot désigne les esclaves rebelles qui ont fui les plantations pour se  réfugier dans les forêts et les montagnes) surtout après le décret d'abolition de l'esclavage signé par la Convention Révolutionnaire en 1794.

A Saint-Domingue (aujourd'hui Haïti), face à la résistance des colons pour ne pas appliquer le décret, les noirs s'organisent autour d'un affranchi, Toussaint Louverture et déclenchent les hostilités qui souvent se soldent par des massacres. Les colons blancs ont compris qu'ils ne pourront pas rester et commencent à s'exiler vers la Louisiane où des Français ont fondé La Nouvelle Orléans en 1712. Cet exil devient définitif en 1804 avec la proclamation de l'indépendance de La République Noire de Haïti. Cependant, des colons français s'installent aussi dans la partie orientale de Cuba qui n'est qu'à une centaine de kilomètres d’Haïti. Ils sont souvent accompagnés par leurs esclaves domestiques. Beaucoup de ceux-ci, vivent dans la maison des maîtres, mangent dans les cuisines, jouent avec leurs enfants et sont bien mieux traités que ceux qui travaillent aux champs, ont peur que la jalousie de ces derniers ne les conduisent à les massacrer en même temps que leurs maîtres. C'est ainsi que s'explique la présence de noms d'origine française dans la région de Santiago de Cuba.

Parmi eux beaucoup de musiciens comme Rubén Semanat leader de l'orchestre XL, Cândido Fabré, un des meilleurs "Soneros" actuels , ou  feu Elio Revé créateur d'un des orchestres qui ont marqué l'histoire de la musique cubaine et du rythme "Changûî". Les Français ont emmené aussi leurs usages et leurs fêtes où la musique et la danse étaient indispensables. Parmi celles-ci deux danses d'origine populaire étaient très appréciées, la gavotte et le menuet. Pour que les maîtres puissent danser et se divertir ils apprenaient à jouer des instruments à leurs domestiques (alors qu'en même temps l'apprentissage de la lecture et l'écriture était interdit et sévèrement puni). Il s'agissait souvent d'instruments à cordes comme le violon et le violoncelle accompagnés par la flute traversière. De la gavotte nait la contredanse dont la structure musicale fusionne avec le Candombé des esclaves haïtiens pour donner la "habanera" attestée vers 1830 , puis le "Danzôn" à la fin du XIX siècle dont la première partition apparait dans la ville de Matanzas près de La Havane .Si les Français ont rendu populaires à Cuba les violons, les orchestres cubains au départ agglomèrent surtout les instruments à vent, on va les appeler "Orquesta tîpica".

C'est en grande partie parce que les flottes faisaient escale dans les ports cubains comme La Havane ou Santiago et au son des trompettes, trombones et autres tubas qui défilaient dans les rues au rythme des marches militaires, mais aussi des valses, des polkas et des mazurkas, que les instruments à vent sont devenus si populaires à Cuba. Ainsi, la "Orquesta tîpica" doit avoir la primeur de l'interprétation des genres musicaux cubains. Néanmoins, à la fin du XIX siècle deux musiciens, les frères Cervantes ont l'idée de remplacer les instruments à vent par des cordes et une flute et c'est Antonio Marîa Romeu, blanc d'origine française par son père né près de la Havane, pianiste de formation qui vers 1910 va ajouter un piano, les timbales et le "güiro", ce genre d'orchestre sera appelé "Charanga francesa" probablement en raison des instruments utilisés ainsi que du genre musical presque exclusivement interprété : le "Danzôn" .

La "Charanga" perdra son adjectif mais pas son âme puisque de nombreuses orchestres par la suite en prendront le nom et/ou le format dans l'île et dans le monde. La plus renommée d'entre elles, plus qu'un orchestre, une école, une institution, une légende à Cuba : La Orquesta Aragôn fondée en 1939 à Cienfuegos.

Elio Revé, une autre légende ajoutera 2 trombones pour former son "Charangôn" structure que Juan Formell bassiste avec Elio Revé reprendra pour créer en 1969 Los Van Van et un nouveau rythme : le "Songo" .

Le "Danzôn" a pratiquement disparu de la scène cubaine pour traverser la Caraïbe et devenir très populaire au Mexique où tous les ans il y a un festival très couru et dansé dans la ville de Oaxaca ; la dernière partie de la structure musicale de cette danse a fait naître le chachachá au début des années 50 avec le succès que l'on connait et j'en veux pour preuve que même les martiens l'ont dansé !! Comment ? Je vous le raconterai prochainement.

                                     Juanito Martinez      Grenoble 17/01/17           

orquesta america

             ET LES MARTIENS DANSENT LE CHACHACHA

A la fin du XIX siècle, dans les salons des villes cubaines on danse la "Habanera" et le "Danzôn". Ce sont des danses métisses que la bourgeoisie blanche a adopté et emmené hors des rivages de leur île. C'est ainsi qu'en Europe on va  danser la Habanera et elle va devenir populaire en Espagne grâce ces soldats venus combattre lors de la première guerre d'indépendance en 1868. A leur retour ils l'interprètent avec des guitares et des chants qui expriment la nostalgie de l'île enchanteresse. Aujourd'hui Encore il y a des concerts et des festivals de Habaneras en Espagne, comme à Calafell ou à Torrevieja.

C'est un autre Espagnol, Sebastiân Yradier qui a composé la plus célèbre d'entre elles La Paloma. Elle serait la chanson la plus enregistrée au monde avec plus de 5000 versions dont celles de Mireille Mathieu, en français, et d'Elvis Presley en anglais titrée "No more". Même des compositeurs classiques l'ont incluse dans leurs répertoires, tel Georges Bizet dont aucun air n'est plus connu que celui de la Habanera "L'amour est un oiseau rebelle" de son opéra, "Carmen". Enfin, il n'est pas vain de rappeler que ce genre cubain se trouve dans les racines du Tango. Quant au Danzôn, il est interprété par la "Orquesta Tîpica" avec de cuivres. Au début du XX siècle les orchestres de Charanga vont l'intégrer dans leur répertoire et ajouter un texte qui au début n'est qu'un refrain, une sorte de leitmotiv. Le premier Danzôn connu à Cuba titré "Alturas de Simpson", du nom d'un quartier populaire de Matanzas à 100km de La Havane, fût composé par Miguel Failde né dans cette même ville. Ces deux genres musicaux, qui avec le "Son" sont la base de la musique populaire cubaine, ne sont pratiquement plus présents dans la fête cubaine et si le premier est parti en Espagne, le Danzôn se trouve au Mexique où il est devenu très populaire surtout dans les régions de Veracruz et Oaxaca. J'en veux pour preuve l'immense succès en 1990 du film "Danzôn" dont l'action qui se déroule dans la ville de Veracruz et la trame d’une histoire d'amour dans un couple, danseurs de Danzôn.

Au milieu du XX siècle un jeune violoniste appelé Enrique Jorrîn se rend compte que le Danzôn , étant très syncopé, est finalement assez difficile à danser, il a alors il a l'idée de s'appuyer sur la dernière partie de sa structure pour lui donner un rythme plus uniforme et plus fluide. C'est ainsi qu'est né le Cha Cha Chà. Ce nom paraît indiquer le bruit que font les danseurs avec les trois piétinements du dernier temps de chaque mesure. Vers 1950, Jorrîn compose celui qui est considéré comme le premier Cha Cha Chà "La Engañadora". Avec le succès radiophonique de "La Guantanamera" dans les années 40, il se rend compte que les cubains aiment les histoires populaires et invente celle d'une jeune fille qui aguiche les hommes avec des atours artificiels, mais la tromperie (engaño) finit par être découverte. Beaucoup d'orchestres de Charanga vont voir le jour et poursuivre en s'appuyant sur des compositions de Cha Cha Chà. La Orquesta América, Arcaño y sus Maravillas, la Original de Manzanillo ..., mais la plus renommée, fondée en 1939 et qui anime encore les soirées salsa, est la Orquesta Aragôn. Dès lors, le Cha Cha Chà nous montrera une large galerie de portraits de la société cubaine. El bodeguero, Rico vacilôn, Poco pelo ..., et fera le tour du monde. Hollywood et le cinéma européen s'en emparent et en 1956 une scène mémorable d'un non moins mémorable film, "Et Dieu créa la femme" montre une Brigitte Bardot aguicheuse (mais sans artifices, pas comme La Engañadora) se déhanchant sur un air de Cha Cha Chà, "Fièvre tropicale".

A la fin des années 50 on le danse dans toute l'Afrique Occidentale et en 1960 un musicien congolais, Joseph Kabassélé compose "Indépendance Cha-Cha" aujourd'hui considéré comme le premier tube panafricain et qui est devenu cette année-là, l'hymne de la lutte pour la liberté des peuples africains.

En 1969, Carlos Santana dont la carrière doit beaucoup à la musique cubaine joue "Oye cômo va " au festival de Woodstock. Mais oui, c'est un Cha Cha Chà composé par l'un des plus grands timbaleros de la Salsa, le portoricain Tito Puente. Et pourtant, si vous tapez ce titre sur un moteur de recherche la plupart des occurrences ne parlent que de Santana. Allez savoir pourquoi !!

Mais alors, les martiens Ils ne sont pas descendus à Woodstock ? Non, mais ils sont arrivés à Cuba et vous allez voir comment.

Tout commence le 30 octobre 1938, L'acteur britannique Orson Welles anime un programme de radio à la CBS aux USA. Ce jour-là, en se fondant sur le roman de Herbert George Wells "La guerre des mondes", il annonce avec sa voix rocailleuse qu'une attaque d'extra-terrestres est en cours avec l’invasion du pays. La légende dit qu'un vent de panique souffle avec des scènes d'émeute à travers les USA, est-elle exagérée ?? Toujours est-il que l'on est en pleine guerre d'Espagne, les nazis viennent d'envahir l'Autriche et les japonais massacrent les chinois. Et  mutatis mutandis, l'obsession américaine de l'invasion va courir le long du XX siècle. Le cinéma hollywoodien en fera une machine à cash avec presque une centaine de films sur le sujet, le bouquet final étant la fameuse l'apparition de l'Extra Terrestre à Roswell Nouveau Mexique en 1947 après le crash de son UFO(objet volant non identifié).

Et Cuba dans tout cela ?

On connait l'humour et la gouaille des cubains, et bien le 28 décembre 1954 (jour des Saints Innocents qui dans les cultures hispaniques est le jour des blagues), aux aurores une soucoupe volante s'est posée à La Havane dans le quartier de Boyeros près de l'actuel aéroport. Avec crainte et précaution les curieux commencent à s'approcher de l'objet. La police arrive armée jusqu'aux dents et demande à la foule de s'éloigner, on ne sait jamais. La porte s'ouvre et des passagers bizarrement accoutrés en sortent et se mettent à danser au son d’un Cha Cha Chà. Evidemment, pourquoi de vrai les martiens ont-ils choisi Cuba et non les USA; ils doivent penser qu'on s'y amuse beaucoup plus. En fait ce sont des acteurs de télévision employés par une chaîne qui a monté ce canular, dont on parlera longtemps dans la presse et à la radio. Dans la foulée le compositeur Rosendo Ruiz écrit la chanson "Los Marcianos" (les martiens) que la Orquesta América enregistre l'année suivante ... "Los marcianos llegaron ya y llegaron bailando ricachâ ,ricachâ ,ricachâ,ricachâ Asî llaman en Marte el chachachâ".

Si pour les Américains les martiens sont moches et font peur, dans ce pastiche cubain ils sont élégants et les martiennes très jolies et gracieuses. Bien-sûr ils/elles se sont mariés à des cubains/cubaines et ont eu beaucoup d'enfants qui dansent encore le Cha Cha Chà .

C'est ça Cuba !!!

                                              Juanito Martinez Grenoble 01/02/2017

                                                    

Copyright Association Eleggua 2013/2014 - Cours individuels & collectifs | Animations | Stages | Soirées - Salsa Cubaine, Bachata, Merengue, Zumba, Rueda, - +33 6 88 39 95 49