de Juan Martinez

La Charanga Francesa

La Charanga Francesa

QUE VIVA LA CHARANGA FRANCESA ! A la fin du XVIII siècle, les idées des...

Le Son Cubain et les Trios Musicaux

Le Son Cubain et les Trios Musicaux

Le Son cubain et les trios musicaux. "De Cuba traigo un cantar", chante Carlos Puebla,...

Guajira Guantanamera

Guajira Guantanamera

                ...

Et les Martiens Dansent le Cha Cha Chà

Et les Martiens Dansent le Cha Cha Chà

             ET LES MARTIENS...

  • La Charanga Francesa

    La Charanga Francesa

    mardi 17 janvier 2017 11:20
  • Le Son Cubain et les Trios Musicaux

    Le Son Cubain et les Trios Musicaux

    jeudi 5 janvier 2017 13:11
  • Guajira Guantanamera

    Guajira Guantanamera

    lundi 12 décembre 2016 10:14
  • Et les Martiens Dansent le Cha Cha Chà

    Et les Martiens Dansent le Cha Cha Chà

    dimanche 5 février 2017 12:20

charanga1

QUE VIVA LA CHARANGA FRANCESA !

A la fin du XVIII siècle, les idées des Lumières se sont largement répandues sur tout le continent américain. Un vent de liberté souffle dans le cœur des noirs affranchis et les nègres marrons (de l'espagnol "cimarrôn", ce mot désigne les esclaves rebelles qui ont fui les plantations pour se  réfugier dans les forêts et les montagnes) surtout après le décret d'abolition de l'esclavage signé par la Convention Révolutionnaire en 1794.

A Saint-Domingue (aujourd'hui Haïti), face à la résistance des colons pour ne pas appliquer le décret, les noirs s'organisent autour d'un affranchi, Toussaint Louverture et déclenchent les hostilités qui souvent se soldent par des massacres. Les colons blancs ont compris qu'ils ne pourront pas rester et commencent à s'exiler vers la Louisiane où des Français ont fondé La Nouvelle Orléans en 1712. Cet exil devient définitif en 1804 avec la proclamation de l'indépendance de La République Noire de Haïti. Cependant, des colons français s'installent aussi dans la partie orientale de Cuba qui n'est qu'à une centaine de kilomètres d’Haïti. Ils sont souvent accompagnés par leurs esclaves domestiques. Beaucoup de ceux-ci, vivent dans la maison des maîtres, mangent dans les cuisines, jouent avec leurs enfants et sont bien mieux traités que ceux qui travaillent aux champs, ont peur que la jalousie de ces derniers ne les conduisent à les massacrer en même temps que leurs maîtres. C'est ainsi que s'explique la présence de noms d'origine française dans la région de Santiago de Cuba.

Parmi eux beaucoup de musiciens comme Rubén Semanat leader de l'orchestre XL, Cândido Fabré, un des meilleurs "Soneros" actuels , ou  feu Elio Revé créateur d'un des orchestres qui ont marqué l'histoire de la musique cubaine et du rythme "Changûî". Les Français ont emmené aussi leurs usages et leurs fêtes où la musique et la danse étaient indispensables. Parmi celles-ci deux danses d'origine populaire étaient très appréciées, la gavotte et le menuet. Pour que les maîtres puissent danser et se divertir ils apprenaient à jouer des instruments à leurs domestiques (alors qu'en même temps l'apprentissage de la lecture et l'écriture était interdit et sévèrement puni). Il s'agissait souvent d'instruments à cordes comme le violon et le violoncelle accompagnés par la flute traversière. De la gavotte nait la contredanse dont la structure musicale fusionne avec le Candombé des esclaves haïtiens pour donner la "habanera" attestée vers 1830 , puis le "Danzôn" à la fin du XIX siècle dont la première partition apparait dans la ville de Matanzas près de La Havane .Si les Français ont rendu populaires à Cuba les violons, les orchestres cubains au départ agglomèrent surtout les instruments à vent, on va les appeler "Orquesta tîpica".

C'est en grande partie parce que les flottes faisaient escale dans les ports cubains comme La Havane ou Santiago et au son des trompettes, trombones et autres tubas qui défilaient dans les rues au rythme des marches militaires, mais aussi des valses, des polkas et des mazurkas, que les instruments à vent sont devenus si populaires à Cuba. Ainsi, la "Orquesta tîpica" doit avoir la primeur de l'interprétation des genres musicaux cubains. Néanmoins, à la fin du XIX siècle deux musiciens, les frères Cervantes ont l'idée de remplacer les instruments à vent par des cordes et une flute et c'est Antonio Marîa Romeu, blanc d'origine française par son père né près de la Havane, pianiste de formation qui vers 1910 va ajouter un piano, les timbales et le "güiro", ce genre d'orchestre sera appelé "Charanga francesa" probablement en raison des instruments utilisés ainsi que du genre musical presque exclusivement interprété : le "Danzôn" .

La "Charanga" perdra son adjectif mais pas son âme puisque de nombreuses orchestres par la suite en prendront le nom et/ou le format dans l'île et dans le monde. La plus renommée d'entre elles, plus qu'un orchestre, une école, une institution, une légende à Cuba : La Orquesta Aragôn fondée en 1939 à Cienfuegos.

Elio Revé, une autre légende ajoutera 2 trombones pour former son "Charangôn" structure que Juan Formell bassiste avec Elio Revé reprendra pour créer en 1969 Los Van Van et un nouveau rythme : le "Songo" .

Le "Danzôn" a pratiquement disparu de la scène cubaine pour traverser la Caraïbe et devenir très populaire au Mexique où tous les ans il y a un festival très couru et dansé dans la ville de Oaxaca ; la dernière partie de la structure musicale de cette danse a fait naître le chachachá au début des années 50 avec le succès que l'on connait et j'en veux pour preuve que même les martiens l'ont dansé !! Comment ? Je vous le raconterai prochainement.

                                     Juanito Martinez      Grenoble 17/01/17           

Copyright Association Eleggua 2013/2014 - Cours individuels & collectifs | Animations | Stages | Soirées - Salsa Cubaine, Bachata, Merengue, Zumba, Rueda, - +33 6 88 39 95 49