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    dimanche 5 février 2017 12:20

louisa

                                                      GUAJIRA   GUANTANAMERA

 Qui n'a jamais entonné ce refrain à deux mots, ou tout au moins entendu quelque part dans le monde celui-ci ?

Rarement, une chanson a autant incarné la culture, l'identité et l'essence même d'un peuple que GUANTANAMERA.

C'est qu'il nous fallait un symbole de ce peuple tout en fête et musique pour le représenter à nos yeux et à notre conscience. Oui, parce que la conscience de l'autre passe par une représentation symbolique, qui d'habitude est humaine. Le cowboy pour l’Américain ou la baguette et son camembert pour le Français mais pour le Cubain c’est une chanson. Pourtant le choix est discutable car si vous allez à Cuba vous entendrez rarement cette chanson « sauf peut-être interprétée pour les touristes du genre "Guajira-son" qui rappelle plus la nostalgie du monde paysan par opposition aux rythmes vifs, intenses et bigarrés de la "Conga", la "Rumba" ou le "Guaguancô", ou transpire la gaîté et la joie de vivre des cubains.

C’est le musicien américain de folk-music, Pete Seeger qui suite à un voyage à Cuba en 1962 va populariser GUANTANAMERA à l'international qui compte d’ailleurs d'innombrables versions, dont celles de Joe Dassin et Nana Mouskouri en français. Elle a suivi un chemin identique à celui de  "El Côndor Pasa", chanson traditionnelle péruvienne que les américains Simon and Garfunkel ont rendu célèbre dans le monde entier en 1970 en y ajoutant des paroles en anglais et lançant ainsi la mode de la musique Andine.

P Seeger, chanteur engagé a combattu pendant la Guerre Civile Espagnole dans le bataillon Lincoln des Brigades Internationales aux côtés des républicains à l'âge de 18 ans, inspiré par la langue espagnole il choisit de chanter les vers de José Martî, que le cubain Juliân Orbôn avait adapté à la chanson quelques années auparavant, comme "Yo soy un hombre sincero ».

Guaji Guantanamera sera rendu populaire à Cuba par Joseîto Fernândez en 1935 en interprétant la chanson chaque jour avec des vers différents sur les ondes de la chaine de radio CMQ, accompagné de l’Orquesta Tipica et du pianiste Chanito Isidrón.

L'un des plus grands romanciers latino-américain Alejo Carpentier, qui était aussi musicologue écrivait aussi   "il n'y a pas longtemps une radio de La Havane a eu un grand succès populaire avec une chanson de tradition paysanne appelée  LA GUANTANAMERA  (...) sur son air on racontait les actualités du jour", La mûsica en Cuba, FCE, México, 1946. En effet, J Fernândez en improvisant avec sa guitare et ses musiciens, égrenait les faits divers récents ou lançait toute sorte de messages, et il donne des exemples dans une entrevue : "On pouvait féliciter une jeune-fille de Villa Clara ou bien demander clémence pour un travailleur mis à pied", et Carpentier d’ajoute, la musique correspondait au très ancien Romance de Gerineldo dans sa version d'Extremadura. Autrement dit, l'ancêtre de GUANTANAMERA remonterait à la tradition orale des troubadours espagnols au XVI siècle, qui colportaient des histoires et des nouvelles de village en village.

Bien-sûr, presque tous les grands artistes cubains, du grand Benny Moré à la diva Celia Cruz l'ont interprétée comme  un rituel obligatoire. L'une de mes versions préférées et celle de Marîa Luisa Hernândez appelée aussi La India de Oriente dans les années 70 car les paroles racontent une histoire d'imbroglio et vengeance dans un trio amoureux en milieu paysan, dont la fin reste ambigüe comme si l'auteur voulait que ce soit à l'auditeur d'imaginer le dénouement dans le plus pur style du réalisme magique du roman latino-américain. J'ajoute que le récit se compose de 30 vers regroupés dans 3 "décimas" dont la rime en octosyllabes d'une facture impeccable s'étale comme ceci : abbaaccddc. Cette strophe est très utilisée dans la poésie cubaine tel les Tonadas guajiras et le punto cubain mais étant donnée la versatilité de la partie textuelle on ne peut chercher le thème, le message que dans sa partie invariable le refrain. Peut-on déchiffrer un message dans une phrase plus sobre qu'un haïku puisqu'il n'y a que 2 mots ? En 1942 J Fernândez l'a inscrite dans le Registre de la Propriété de Cuba mais la journaliste Karina Rodrîguez dans un article plus récent intitulé La Guantanamera histoire conclue, écrit qu'un musicien appelé Herminio Garcîa Wilson avait déclaré être l'auteur en 1929 des 4 premières mesures et du refrain qu'il aurait lancé par dépit à une femme bêcheuse. Encore aujourd'hui à Cuba, traiter une femme de Guajira, surtout à La Havane est méprisant, évoquant quelque chose comme  tu es une péquenaude, ignorante et vulgaire !!

En fait, la femme attire l'attention de beaucoup de musiciens, soit pour la flatter ou embellir ses atours, soit pour la critiquer et la mépriser ou les deux à la fois, que ce soit dans le son ou la guaracha, genre musical satirique ou burlesque et parfois un peu salace.

C'est le cas dans la chanson Elena la Cumbanchera que l'on peut traduire par la fêtarde que je conseille dans la version de Miguel Quintana, ou encore Rita la Caimana personnage populaire de la ville de Bayamo qui vous séduit parce qu'elle danse comme une déesse, mais qui peut vous dévorer comme un caïman, chanson composée par Lorenzo Hierrezuelo qui forma avec Compay Segundo  Los Compadres l'un des grands duos de Cuba. Finalement la chose pourrait être beaucoup plus simple que cela, car écouter, fredonner et danser n'importe quelle version de LA GUANTANAMERA est un plaisir pour le corps et l'esprit et chacun peut y trouver l'image ou le souvenir de Cuba qu'il préfère !!

                                                           Juanito Martînez        août 2017

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