de Juan Martinez

La Charanga Francesa

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Et les Martiens Dansent le Cha Cha Chà

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    mardi 17 janvier 2017 11:20
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  • Et les Martiens Dansent le Cha Cha Chà

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    dimanche 5 février 2017 12:20

orquesta america

             ET LES MARTIENS DANSENT LE CHACHACHA

A la fin du XIX siècle, dans les salons des villes cubaines on danse la "Habanera" et le "Danzôn". Ce sont des danses métisses que la bourgeoisie blanche a adopté et emmené hors des rivages de leur île. C'est ainsi qu'en Europe on va  danser la Habanera et elle va devenir populaire en Espagne grâce ces soldats venus combattre lors de la première guerre d'indépendance en 1868. A leur retour ils l'interprètent avec des guitares et des chants qui expriment la nostalgie de l'île enchanteresse. Aujourd'hui Encore il y a des concerts et des festivals de Habaneras en Espagne, comme à Calafell ou à Torrevieja.

C'est un autre Espagnol, Sebastiân Yradier qui a composé la plus célèbre d'entre elles La Paloma. Elle serait la chanson la plus enregistrée au monde avec plus de 5000 versions dont celles de Mireille Mathieu, en français, et d'Elvis Presley en anglais titrée "No more". Même des compositeurs classiques l'ont incluse dans leurs répertoires, tel Georges Bizet dont aucun air n'est plus connu que celui de la Habanera "L'amour est un oiseau rebelle" de son opéra, "Carmen". Enfin, il n'est pas vain de rappeler que ce genre cubain se trouve dans les racines du Tango. Quant au Danzôn, il est interprété par la "Orquesta Tîpica" avec de cuivres. Au début du XX siècle les orchestres de Charanga vont l'intégrer dans leur répertoire et ajouter un texte qui au début n'est qu'un refrain, une sorte de leitmotiv. Le premier Danzôn connu à Cuba titré "Alturas de Simpson", du nom d'un quartier populaire de Matanzas à 100km de La Havane, fût composé par Miguel Failde né dans cette même ville. Ces deux genres musicaux, qui avec le "Son" sont la base de la musique populaire cubaine, ne sont pratiquement plus présents dans la fête cubaine et si le premier est parti en Espagne, le Danzôn se trouve au Mexique où il est devenu très populaire surtout dans les régions de Veracruz et Oaxaca. J'en veux pour preuve l'immense succès en 1990 du film "Danzôn" dont l'action qui se déroule dans la ville de Veracruz et la trame d’une histoire d'amour dans un couple, danseurs de Danzôn.

Au milieu du XX siècle un jeune violoniste appelé Enrique Jorrîn se rend compte que le Danzôn , étant très syncopé, est finalement assez difficile à danser, il a alors il a l'idée de s'appuyer sur la dernière partie de sa structure pour lui donner un rythme plus uniforme et plus fluide. C'est ainsi qu'est né le Cha Cha Chà. Ce nom paraît indiquer le bruit que font les danseurs avec les trois piétinements du dernier temps de chaque mesure. Vers 1950, Jorrîn compose celui qui est considéré comme le premier Cha Cha Chà "La Engañadora". Avec le succès radiophonique de "La Guantanamera" dans les années 40, il se rend compte que les cubains aiment les histoires populaires et invente celle d'une jeune fille qui aguiche les hommes avec des atours artificiels, mais la tromperie (engaño) finit par être découverte. Beaucoup d'orchestres de Charanga vont voir le jour et poursuivre en s'appuyant sur des compositions de Cha Cha Chà. La Orquesta América, Arcaño y sus Maravillas, la Original de Manzanillo ..., mais la plus renommée, fondée en 1939 et qui anime encore les soirées salsa, est la Orquesta Aragôn. Dès lors, le Cha Cha Chà nous montrera une large galerie de portraits de la société cubaine. El bodeguero, Rico vacilôn, Poco pelo ..., et fera le tour du monde. Hollywood et le cinéma européen s'en emparent et en 1956 une scène mémorable d'un non moins mémorable film, "Et Dieu créa la femme" montre une Brigitte Bardot aguicheuse (mais sans artifices, pas comme La Engañadora) se déhanchant sur un air de Cha Cha Chà, "Fièvre tropicale".

A la fin des années 50 on le danse dans toute l'Afrique Occidentale et en 1960 un musicien congolais, Joseph Kabassélé compose "Indépendance Cha-Cha" aujourd'hui considéré comme le premier tube panafricain et qui est devenu cette année-là, l'hymne de la lutte pour la liberté des peuples africains.

En 1969, Carlos Santana dont la carrière doit beaucoup à la musique cubaine joue "Oye cômo va " au festival de Woodstock. Mais oui, c'est un Cha Cha Chà composé par l'un des plus grands timbaleros de la Salsa, le portoricain Tito Puente. Et pourtant, si vous tapez ce titre sur un moteur de recherche la plupart des occurrences ne parlent que de Santana. Allez savoir pourquoi !!

Mais alors, les martiens Ils ne sont pas descendus à Woodstock ? Non, mais ils sont arrivés à Cuba et vous allez voir comment.

Tout commence le 30 octobre 1938, L'acteur britannique Orson Welles anime un programme de radio à la CBS aux USA. Ce jour-là, en se fondant sur le roman de Herbert George Wells "La guerre des mondes", il annonce avec sa voix rocailleuse qu'une attaque d'extra-terrestres est en cours avec l’invasion du pays. La légende dit qu'un vent de panique souffle avec des scènes d'émeute à travers les USA, est-elle exagérée ?? Toujours est-il que l'on est en pleine guerre d'Espagne, les nazis viennent d'envahir l'Autriche et les japonais massacrent les chinois. Et  mutatis mutandis, l'obsession américaine de l'invasion va courir le long du XX siècle. Le cinéma hollywoodien en fera une machine à cash avec presque une centaine de films sur le sujet, le bouquet final étant la fameuse l'apparition de l'Extra Terrestre à Roswell Nouveau Mexique en 1947 après le crash de son UFO(objet volant non identifié).

Et Cuba dans tout cela ?

On connait l'humour et la gouaille des cubains, et bien le 28 décembre 1954 (jour des Saints Innocents qui dans les cultures hispaniques est le jour des blagues), aux aurores une soucoupe volante s'est posée à La Havane dans le quartier de Boyeros près de l'actuel aéroport. Avec crainte et précaution les curieux commencent à s'approcher de l'objet. La police arrive armée jusqu'aux dents et demande à la foule de s'éloigner, on ne sait jamais. La porte s'ouvre et des passagers bizarrement accoutrés en sortent et se mettent à danser au son d’un Cha Cha Chà. Evidemment, pourquoi de vrai les martiens ont-ils choisi Cuba et non les USA; ils doivent penser qu'on s'y amuse beaucoup plus. En fait ce sont des acteurs de télévision employés par une chaîne qui a monté ce canular, dont on parlera longtemps dans la presse et à la radio. Dans la foulée le compositeur Rosendo Ruiz écrit la chanson "Los Marcianos" (les martiens) que la Orquesta América enregistre l'année suivante ... "Los marcianos llegaron ya y llegaron bailando ricachâ ,ricachâ ,ricachâ,ricachâ Asî llaman en Marte el chachachâ".

Si pour les Américains les martiens sont moches et font peur, dans ce pastiche cubain ils sont élégants et les martiennes très jolies et gracieuses. Bien-sûr ils/elles se sont mariés à des cubains/cubaines et ont eu beaucoup d'enfants qui dansent encore le Cha Cha Chà .

C'est ça Cuba !!!

                                              Juanito Martinez Grenoble 01/02/2017

                                                    

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